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Avenir

Résumons : une élite ne se composant que de quelques personnes détient la majorité des richesses et du pouvoir sur cette Terre. Nous ne savons pas qui sont ces personnes, car l’anonymat est leur garantie de survie. En effet par le passé on a coupé les têtes des personnes trop voyantes …

Cette richesse est issue en grande partie, outre les héritages, des bénéfices du système capitaliste. Celui-là même qui impose une croissance indéfinie dans un monde fini, et implique donc la destruction de la biodiversité et des écosystèmes de la planète telle que nous la connaissons.

Face à cela, le seul contre-pouvoir qui a toujours pu exister est le soulèvement par le nombre. Mais en réalité pas seulement, car cela n’a marché que quand le soulèvement était soutenu aussi par une partie de l’élite.

Aujourd’hui Aurélien Barrau, astrophysicien engagé sur la question écologique, nous parle de partager ces richesses. Il s’adresse à nous pour parler de ce partage, mais en réalité c’est à cette élite qu’il faudrait parler, car les richesses et les moyens de trouver de la nourriture et une vie descente pour tous sont déjà là. Certes nous pouvons donner une partie de nos propres richesses pour le bien commun, c’est ce que nous appelons déjà les impôts en France.  Mais là il faut changer d’échelle : c’est de milliards d’euros dont on a besoin, à une échelle planétaire.

Mais concrètement, pourquoi cette élite voudrait-elle partager ? Pourquoi abaisser son sentiment de dominance ? Quel est l’intérêt ? Il faudrait que cela résolve un problème pour elle. Il faudrait que cela devienne un problème qui la concerne. Or aujourd’hui il n’y a pas de problème. La dégradation de l’environnement ? Et alors ? Comme le dit l’astrophysicien français, ceux qui vont périr en premier ce sont les plus pauvres. Une fois la population diminuée, moins de problème sur le partage des richesses restantes. Et puis la Terre, elle s’en remettra, elle créera de nouvelles espèces, de nouveaux écosystèmes, pas les mêmes qu’aujourd’hui, mais en quoi est-ce un problème ?

Finalement les écologistes sont très conservateurs. Ils veulent mettre la Terre sous cloche pour la préserver telle qu’elle est aujourd’hui. Certes je suis d’accord, la beauté de la Nature telle qu’on la connaît est incroyable. Mais peut-être pourrions-nous faire confiance à cette Nature pour continuer de nous surprendre par de nouvelles créations encore inconnues ? Ce n’est pas la première fois que notre chère planète fait face à de tels changements.

Alors la vraie peur est celle-ci : c’est nous, enfants de la classe moyenne occidentale, qui avons la connaissance et la conscience d’une partie des évènements qui se trame, qui nous rendons compte que nous sommes dans le bateau qui est en train de couler, et que l’élite a déjà préparé ses canots de sauvetage. Mais comme dans le Titanic, il n’y en aura pas pour tout le monde.

Alors la classe bobo éduquée s’agite, signe des pétitions, se débat pour se sauver de la noyade, fait sa part du colibri. Mais à part sauver sa conscience et ne pas tomber dans la déprime, les résultats de ces actions sont vaincs … epsilon c’est mieux que rien, mais en réalité cela ne fait pas changer les choses. Donc est-ce vraiment mieux que rien ?

Ne peut-on pas réfléchir à une stratégie vraiment efficace ? Et si nous n’en n’avons pas, simplement accepter la réalité ?

S’agiter comme une mouche dans un verre d’eau me semble pathétique. Nous sommes plus que des mouches non ?

Alors changeons de point de vue.

Si aujourd’hui l’écologie nous concerne, c’est que nous craignons pour l’avenir de nos enfants.

Mais plaçons-nous dans l’élite. L’avenir de nos enfants n’est pas en jeu. Il faudrait donc une certaine empathie pour nous pousser à partager, pour être affecté par la tristesse de nos congénères au point d’avoir envie d’agir.

Cette élite est-elle capable d’empathie ?

Déjà, se considère-t-elle de la même espèce humaine que nous ?

Lorsque nous exterminons des insectes indésirables dans notre appartement, nous n’éprouvons pas d’empathie à leur égard, c’est notre confort/bien-être sanitaire avant tout.

A moins d’une histoire d’amour entre un prince d’élite et une jolie bourgeoise parisienne, comment créer de l’empathie dans cette classe qui a le véritable pouvoir ?

Autre possibilité : la pression par le nombre. Faire que le problème soit le leur en empêchant le système capitaliste de continuer de les enrichir. Donc arrêter de consommer à outrance, arrêter de donner la production des entreprises aux actionnaires, … Pour effectuer ce changement drastique il faut être suffisamment nombreux à opérer ce virage en même temps. Donc se mettre d’accord et être prêts à prendre ce risque de façon suffisamment nombreuse au même moment et sur la durée.

Existe-t-il vraiment un nombre suffisant de personnes assez intelligentes et concernées par le problème, capables de se mettre en danger de la sorte pour faire contre-poids ? Quand on voit le résultat des votes dans le monde on peut douter que la majorité de la population soit éduquée dans ce sens.

Donc soit il faut mettre toute son énergie pour que de petits groupes deviennent de grands groupes et espérer que ces mouvements soient soutenus à un plus haut niveau pour aboutir. Sans garantie de résultat mais au moins avec un espoir et une ambition qui peuvent flatter notre conscience et/ou notre égo.

Soit il faut prendre le point de vue rationnel et objectif qui fait qu’en pourcentages de chances on n’a que très peu de chances que cela aboutisse, et donc accepter l’énorme frustration de faire partie du naufrage, en en ayant conscience pendant que certains continuent de danser et que d’autres ont déjà mis leur gilet de sauvetage.

Nous préfèrerions soit : ne pas avoir cette conscience et continuer de danser (mais on ne peut pas s’enlever le savoir) ; soit avoir suffisamment de richesse et de pouvoir pour se créer son propre canot (et si nous avons encore un peu d’âme emmener quelques autres avec nous).

Mais non, nous sommes là dans l’impuissance, essayant de dire autour de nous qu’il faut qu’on construise tous ensembles un grand bateau de sauvetage, sans être véritablement suivis.

Alors pourquoi ne sommes-nous pas suivis ?

Pour les mêmes raisons qui poussent l’élite à agir comme elle le fait : nous ne pouvons pas nous résoudre à perdre en confort, en dominance, en acquisition. Nous sommes humains et constitués ainsi.

A moins d’avoir une idée très forte qui nous porte (Dieu, la Nation, la Liberté, …), bref tous les thèmes qui ont fait soulever des populations et lancé des guerres.

Mais en Europe après nos deux guerres mondiales du XXème siècle, nous ne souhaitons plus nous lever pour ces grandes idées. Et encore moins lorsque cette idée reste floue, lointaine, comme le climat. Pourquoi perdre ce que nous avons aujourd’hui, pour une idée dont nous ne captons pas vraiment le danger immédiat sur nos vies et notre quotidien ? On ne parle que de supposition. Les études peuvent peut-être se tromper ? Notre cerveau fainéant préfère penser cela plutôt que d’agir dans l’incertain.

Donc quoi, parlons de prophéties catastrophiques ? A cause du réchauffement climatique les populations d’Afrique vont migrer vers l’Europe, climat plus tempéré, car leur sol sera devenu invivable au sens biologique du terme. Et on voit la réaction des Européens dès aujourd’hui face à ces arrivées. Pouvons-nous craindre des guerres, des pillages, des batailles entre propriétaires peureux et immigrant affamés ?

Faut-il dès maintenant apprendre l’arabe, le wolof, et le swahili, afin de s’entendre, s’entraider, négocier ? Ou construire des bunkers remplis de boîtes de conserves ? Reprendre des cours de self-défense et se mettre au tir ?

Et on parle de quand ? D’ici 30 ans ?  A la fois proche et encore lointain finalement, il peut se passer tellement de choses d’ici là.

En fait tout cela est flou, on a plus de questions et de suppositions que de certitudes, et donc difficile de prendre des décisions dans ce cadre-là.

L’optimiste en moi a envie de dire, faisons confiance à la vie, et ça va bien se passer. La pragmatique en moi me dis, ok, mais prépare-toi quand même au cas où. La pessimiste quant à elle dit, de toutes façons on n’en sait rien, on n’y peut rien, donc quitte à ne rien contrôler du tout sur notre avenir, autant profiter convenablement des quelques années qu’il nous reste à vivre correctement.

Alors peut-être que c’est un peu des trois, répartis différemment dans le temps. Au quotidien, profiter de ce que l’on a. Ce qui est vécu aujourd’hui ne pourra pas nous être enlevé. A moyen terme, rester vigilant, s’informer, apprendre, diversifier ses compétences. Et pour le futur, garder la foi, espérer, trouver des solutions solidaires.

Finalement si on ne peut pas arriver à faire changer les choses tout seul, et que convaincre tout le monde paraît utopiste, peut-être que la voie à suivre est le fait de se regrouper par petits comités de soutien, famille, amis, habitants d’un même village, partisans de mêmes idées, actifs de mêmes associations, pour pouvoir, à une échelle intermédiaire, créer de petits radeaux solidaires.

On ne sauvera surement pas tout le monde. Il faut donc essayer de s’en sortir soi, mais plutôt que de jouer à la loi de la jungle du chacun pour soi, je pense qu’on a plus de chances en jouant sur l’entraide, du moins à une certaine échelle. Comme des atomes qui se combinent en molécules pour être plus stables, comme de mini écosystèmes dans lesquels il nous faut de la biodiversité (différentes compétences, langues parlées, savoir-faires, melting pot d’idées et de façons de penser).

Car c’est cette stratégie que la Nature a toujours utilisée et que nous pouvons la copier sur ce point. Face à l’inconnu, elle développe bon nombre de styles d’adaptations à l’environnement, et parmi toutes il y en a certaines qui marchent, et qui permettent de préserver la vie sur Terre.

Alors prenons le plus possible de cartes en main afin de regarder le jeu évoluer, et d’avoir le choix au moment voulu de poser la carte qui nous semblera la plus judicieuse. Et plus on en aura plus nous pourrons avoir des chances d’avoir la bonne carte. Encore faudra-t-il savoir prendre la bonne décision à ce moment-là. Mais la boussole intérieure est faite pour ça, si on arrive à évincer sa peur et simplement suivre son intuition. Et à cela on peut déjà s’exercer dès maintenant.

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